Une nouveauté. Un texte court qui laisse la part belle à l'improvisation, sur une base que j'ai essayé de développer mais que je n'arrivais pas à finaliser. L'idée est de lire le texte en le commentant et en laissant l'inspiration vagabonder, toujours dans le thème d'un fil ténu, difficile à suivre, celui de la pensée. Autre nouveauté, durant cette session les slameurs étaient accompagnés par un guitariste, qui sonorisait façon Dead Man (le film de Jarmush) les délires verbaux des slameurs, et ça a super bien donné.
Parfois, une idée traverse nos esprits comme un papillon.
Ou
plutôt comme une mite.
L'idée volette, légère, attire
l'attention :
voici prise dans le rai de lumière de l'attention
la première pièce d'un puzzle,
le centre sans qui tout s'effondre,
le cœur,
la pierre de plein cintre.
Un papillon.
Un papillon qui
devient la fondation sur lequel je construis cette pensée.
Un roc.
Un moellon papillonnant distraitement,
bousculant pensées et
inspirations,
créant quelques jolies analogies
par collisions.
Bing,
bang,
la caillasse se cogne durement,
l'idée jaillit
encore,
étincelles,
fragments enflammés,
puis blocs en fusion,
puis
moellons de construction,
puis pyramide,
pyramide de papillons,
ruine
de pyramide de papillons,
pyramide mitée,
puis sable...
puis
poussière...
puis...
Aaaah
Je ne sais plus. J'ai perdu le fil.
Wednesday, February 11, 2015
Vous reprendrez bien un peu de poison ?
Premier texte de la session du 11 février, c'est un extrait d'un scénario que je suis en train de travailler pour le jeu de rôle Itras By. Durant le slam à proprement parler, j'ai égaré deux paragraphes à cause de ma maladresse, voici le texte intégral, sans relecture...
Le train s’arrête, dans un port encaissé au fond d'un fjord, un port industriel, avec ce qu'il faut d'entrepôts crasseux et d'usines puantes, des conserveries, aux cheminées crachant une épaisse fumée noire, chargée de suie et de cendres. La gare est un complexe de voies et de wagon industriels, assortie de bâtiments noircis aux murs lépreux. Au centre, l'édifice de la gare lui-même se dresse, borgne, maculé de goudron, inquiétant assemblage de colonnades et de plafonds se perdant dans le smog. Des lampes à pétrole achèvent de saloper un air déjà bien cochonné. Des hommes attendent les voyageurs. Coiffés de chapeaux melons, ils sont un peu informes, comme ramollis par les sucs poisseux qui encrassent l'atmosphère et se lissent la moustache, un très vague sourire qui se voudrait accueillant et amical aux lèvres.
Les passagers descendent des wagons du convoi, il n'est pas prévu que le train reparte avant quelques heures et même si les lieux semblent peu accueillant, se dégourdir les jambes n'est jamais de trop dans ces longs, si longs voyages.
C'est alors que les hommes de mains cachés dans les ombres sortent de leurs caches et sans une once d'hésitation, attrapent les voyageurs les plus proches d'eux et d'une prise cruelle les maîtrisent et les tirent à l'écart. D'autres voyageurs sont sortis de force du train, criant et se débattant, et rejoignent les précédents prisonniers, maintenant au nombre de quinze. Les hommes moustachus et s'approchent de la foule au bord de la panique, et l'un d'entre eux, d'une voix de rogomme abîmée par l'alcool et la pollution, annonce qu'il n'y a pas à s'en faire, sérieux, tout va bien. Non vraiment tout va bien.
La foule panique. Probablement que les dents pourries du porte-parole gâche un tantinet l'effet de son sympathique sourire. Mais peut-être aussi que les quinze cercueils de planche qu'on charge dans le train aux places qu'occupaient les captifs ne font rien pour instaurer un esprit chaleureux et bon enfant. La foule panique.
Mais intéressons-nous plutôt aux prisonniers, que va-t-il leur arriver ? Sont-ils promis à une exécution sommaire ? Clairement on ne leur veut aucun bien, et dans cette ville étrange perdue quelque part au détour d'un cauchemar personne n'écoute leurs appels à l'aide. Devant eux, c'est un mur d'usines sombres qui tranchent le décor. Elles crachent dans les airs de larges quantités de fumée crasseuse, et émettent un bruit constant, un mélange de hurlements peu rassurants et de sons de machinerie lourde. À l'intérieur, c'est le carnage. Oh, rien de grave, on ne fait aucun mal aux passagers enrôlés de force, du moins pas directement.
Suspense...
Les navires noirs qui s’arrêtent dans ce port perdu déchargent leurs prises, leurs cargaisons de choses, poissons inconnus, tritons monstrueux, sirènes crevées aux dents aiguisées, acérées et aux yeux déjà morts. Puis, le prix négocié et obtenu, les sombres équipages quittent le port sans nom et les équarrisseurs des conserveries commencent leur tâche, tels des somnambules caparaçonnés de mailles, armés de terribles couteaux à poissons, si aiguisé qu'on jurerait qu'ils tranchent l'air. C'est une dangereuse tâche. Parfois, les créatures prises dans les filets ne sont pas mortes et font des trucs carrément fatals aux poissonniers, comme les déchirer en deux, remplir leur poumons d'eau, par magie. Ces choses là... Et ceci en leur infligeant un sentiment d'effroi très handicapant, et si dur à supporter qu'ils préfèrent se droguer, s'abandonner aux effets de l'alcool le plus frelaté. Pauvres poissonniers. Pauvres poissonniers ivres, ivres de mauvais vins et de terreurs atroces !
Depuis le précédent train, c'est quinze d'entre eux qui ont succombé, et dont les places sont à pourvoir. C'est une chance, de pouvoir travailler aussi près du fantastique, dans ce monde gris terne où la moindre originalité est écrasée.
Pensez-y, lorsque vous mangerez votre prochaine pizza aux filets de serpent de mer ou que vous dégusterez votre prochaine boite de triton au naturel, pensez-y...
Le train s’arrête, dans un port encaissé au fond d'un fjord, un port industriel, avec ce qu'il faut d'entrepôts crasseux et d'usines puantes, des conserveries, aux cheminées crachant une épaisse fumée noire, chargée de suie et de cendres. La gare est un complexe de voies et de wagon industriels, assortie de bâtiments noircis aux murs lépreux. Au centre, l'édifice de la gare lui-même se dresse, borgne, maculé de goudron, inquiétant assemblage de colonnades et de plafonds se perdant dans le smog. Des lampes à pétrole achèvent de saloper un air déjà bien cochonné. Des hommes attendent les voyageurs. Coiffés de chapeaux melons, ils sont un peu informes, comme ramollis par les sucs poisseux qui encrassent l'atmosphère et se lissent la moustache, un très vague sourire qui se voudrait accueillant et amical aux lèvres.
Les passagers descendent des wagons du convoi, il n'est pas prévu que le train reparte avant quelques heures et même si les lieux semblent peu accueillant, se dégourdir les jambes n'est jamais de trop dans ces longs, si longs voyages.
C'est alors que les hommes de mains cachés dans les ombres sortent de leurs caches et sans une once d'hésitation, attrapent les voyageurs les plus proches d'eux et d'une prise cruelle les maîtrisent et les tirent à l'écart. D'autres voyageurs sont sortis de force du train, criant et se débattant, et rejoignent les précédents prisonniers, maintenant au nombre de quinze. Les hommes moustachus et s'approchent de la foule au bord de la panique, et l'un d'entre eux, d'une voix de rogomme abîmée par l'alcool et la pollution, annonce qu'il n'y a pas à s'en faire, sérieux, tout va bien. Non vraiment tout va bien.
La foule panique. Probablement que les dents pourries du porte-parole gâche un tantinet l'effet de son sympathique sourire. Mais peut-être aussi que les quinze cercueils de planche qu'on charge dans le train aux places qu'occupaient les captifs ne font rien pour instaurer un esprit chaleureux et bon enfant. La foule panique.
Mais intéressons-nous plutôt aux prisonniers, que va-t-il leur arriver ? Sont-ils promis à une exécution sommaire ? Clairement on ne leur veut aucun bien, et dans cette ville étrange perdue quelque part au détour d'un cauchemar personne n'écoute leurs appels à l'aide. Devant eux, c'est un mur d'usines sombres qui tranchent le décor. Elles crachent dans les airs de larges quantités de fumée crasseuse, et émettent un bruit constant, un mélange de hurlements peu rassurants et de sons de machinerie lourde. À l'intérieur, c'est le carnage. Oh, rien de grave, on ne fait aucun mal aux passagers enrôlés de force, du moins pas directement.
Suspense...
Les navires noirs qui s’arrêtent dans ce port perdu déchargent leurs prises, leurs cargaisons de choses, poissons inconnus, tritons monstrueux, sirènes crevées aux dents aiguisées, acérées et aux yeux déjà morts. Puis, le prix négocié et obtenu, les sombres équipages quittent le port sans nom et les équarrisseurs des conserveries commencent leur tâche, tels des somnambules caparaçonnés de mailles, armés de terribles couteaux à poissons, si aiguisé qu'on jurerait qu'ils tranchent l'air. C'est une dangereuse tâche. Parfois, les créatures prises dans les filets ne sont pas mortes et font des trucs carrément fatals aux poissonniers, comme les déchirer en deux, remplir leur poumons d'eau, par magie. Ces choses là... Et ceci en leur infligeant un sentiment d'effroi très handicapant, et si dur à supporter qu'ils préfèrent se droguer, s'abandonner aux effets de l'alcool le plus frelaté. Pauvres poissonniers. Pauvres poissonniers ivres, ivres de mauvais vins et de terreurs atroces !
Depuis le précédent train, c'est quinze d'entre eux qui ont succombé, et dont les places sont à pourvoir. C'est une chance, de pouvoir travailler aussi près du fantastique, dans ce monde gris terne où la moindre originalité est écrasée.
Pensez-y, lorsque vous mangerez votre prochaine pizza aux filets de serpent de mer ou que vous dégusterez votre prochaine boite de triton au naturel, pensez-y...
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Wednesday, January 07, 2015
Les gens sont incroyables
Voici deux fermiers.
Une, qui plante des radis, s'ennuie.
Alors elle chante.
Les mains plongées dans le terreau, elle vocalise, tisse de sa voix brillante une aria de beaux mots et de belles notes.
L'autre, lui, c'est les idées qui le passionnent.
Alors il pense, il pense que la terre qui le passionne, nourri les radis, que les idées se nourrissent des radis, que le chant c'est beau, du cresson d'âme, des fleurs à l'esprit vif, quelques poireaux indignés.
C'est deux artistes, mais ils le nieront.
Ils sont incroyables, ces gens.
Voilà trois connards. Enfin un connard et deux pétasses.
Jeunes, beaux, bien vêtus selon la mode en vigueur.
Toujours selon la mode en vigueur le mâle est barbu quoique sans panache aucun, et ses pantalons mi-« feu de plancher », mi-sac de ciment trempé, laissent voir des mollets velus à peine cachés par les officielles chaussettes de la saison.
La mode en vigueur, toujours elle, impose aux deux demoiselles de multiples couches de maquillages colorés, cheveux longs portés sur une oreille, blouses révélatrices et couvre-chefs de laine vierge ou sac à main de chez Vuitton, etc. Etc.
On les croirait tout droit sorties d'un épisode de Starski et Hutch.
Mais tout cet effort d'apparence est gâché : ce sont trois connards, qui vomissent des torrents d'agressivité et de jugements péremptoires, qui remplacent le monde entier par des préjugés bêtes et cruels, qui suivent la mode pour... pour... non je ne vois pas.
Ils sont incroyables, ces gens.
Et là, ce sont des rues entières de gens qui déambulent, croulant sous les présents et les victuailles, et qui traînent derrière eux une marmaille criarde, des enfants qui réclament de nouveaux jouets, une pelleteuse en plastique jaune, une barbie à la morphologie flippante, presque abstraite, des dames qui demandent des visons, des monsieurs qui voudraient un écran plat pour regarder le foutbal...
Le tout hors de prix, c'est Noël après tout.
Et à coté de ça, les bénévoles du pont Bessières, autour d'un feu, racontent des histoires de pauvreté et de besoin, de dénuement, de chômage, car ils en entendent, de toutes les couleurs...
Comment font-ils pour rester comme ça dans la froidure, pour empêcher les égarés de se balancer, quel force de caractère !
Ils sont incroyables, ces gens.
Et puis encore, quoi encore, un jeu cette fois.
Des copains qui écrivent, qui couchent sur le papier des mots, un jeu qu'ils se sont inventé...
On se serait dit qu'un matin un peintre aurait fait le monde, avec de la gouache et un peu de fusain.
On se serait dit que sans histoire la vie serait bien emmerdante et qu'elle manquerait de couleurs...
Alors ils écrivent, leur monde prend forme, ils le partagent, d'autres personnes les rejoigne, on en fait un livre, puis deux, puis une série de romans, qui rencontrent le succès, et c'est une série télè qui arrive, et tout le monde connait désormais leur rêve éveillé, tout le monde se reconnait dans un monde imaginé...
Un monde imaginé...
Les gens sont vraiment incroyables, quand on y pense...
Une, qui plante des radis, s'ennuie.
Alors elle chante.
Les mains plongées dans le terreau, elle vocalise, tisse de sa voix brillante une aria de beaux mots et de belles notes.
L'autre, lui, c'est les idées qui le passionnent.
Alors il pense, il pense que la terre qui le passionne, nourri les radis, que les idées se nourrissent des radis, que le chant c'est beau, du cresson d'âme, des fleurs à l'esprit vif, quelques poireaux indignés.
C'est deux artistes, mais ils le nieront.
Ils sont incroyables, ces gens.
Voilà trois connards. Enfin un connard et deux pétasses.
Jeunes, beaux, bien vêtus selon la mode en vigueur.
Toujours selon la mode en vigueur le mâle est barbu quoique sans panache aucun, et ses pantalons mi-« feu de plancher », mi-sac de ciment trempé, laissent voir des mollets velus à peine cachés par les officielles chaussettes de la saison.
La mode en vigueur, toujours elle, impose aux deux demoiselles de multiples couches de maquillages colorés, cheveux longs portés sur une oreille, blouses révélatrices et couvre-chefs de laine vierge ou sac à main de chez Vuitton, etc. Etc.
On les croirait tout droit sorties d'un épisode de Starski et Hutch.
Mais tout cet effort d'apparence est gâché : ce sont trois connards, qui vomissent des torrents d'agressivité et de jugements péremptoires, qui remplacent le monde entier par des préjugés bêtes et cruels, qui suivent la mode pour... pour... non je ne vois pas.
Ils sont incroyables, ces gens.
Et là, ce sont des rues entières de gens qui déambulent, croulant sous les présents et les victuailles, et qui traînent derrière eux une marmaille criarde, des enfants qui réclament de nouveaux jouets, une pelleteuse en plastique jaune, une barbie à la morphologie flippante, presque abstraite, des dames qui demandent des visons, des monsieurs qui voudraient un écran plat pour regarder le foutbal...
Le tout hors de prix, c'est Noël après tout.
Et à coté de ça, les bénévoles du pont Bessières, autour d'un feu, racontent des histoires de pauvreté et de besoin, de dénuement, de chômage, car ils en entendent, de toutes les couleurs...
Comment font-ils pour rester comme ça dans la froidure, pour empêcher les égarés de se balancer, quel force de caractère !
Ils sont incroyables, ces gens.
Et puis encore, quoi encore, un jeu cette fois.
Des copains qui écrivent, qui couchent sur le papier des mots, un jeu qu'ils se sont inventé...
On se serait dit qu'un matin un peintre aurait fait le monde, avec de la gouache et un peu de fusain.
On se serait dit que sans histoire la vie serait bien emmerdante et qu'elle manquerait de couleurs...
Alors ils écrivent, leur monde prend forme, ils le partagent, d'autres personnes les rejoigne, on en fait un livre, puis deux, puis une série de romans, qui rencontrent le succès, et c'est une série télè qui arrive, et tout le monde connait désormais leur rêve éveillé, tout le monde se reconnait dans un monde imaginé...
Un monde imaginé...
Les gens sont vraiment incroyables, quand on y pense...
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Chevalier et monde inexistant
C'est un chevalier qui promène son spleen, sur les voies pavées
d'un monde qui n'a jamais existé. C'est pour ça que le chevalier à
l'armure rouillée déprime, c'est sur, son monde est un conte, un
bobard même, et pas très fabuleux un mensonge trouvé sur internet.
C'est un chevalier, qui balade ses ambitions déçues comme on promène un vieux chien fidèle tremblant et efflanqué, avec ménagement et pitié, et toujours à l'esprit qu'il faudra bientôt l'achever, pauvre bête mourante.
C'est un chevalier...
Enfin c'est peut-être un chevalier, puisqu'il se promène dans un monde vide et désert, qu'il l'aurait ainsi baptisé ? On est nous-même et aussi le regard des autres, je suis qui je suis aussi parce que je vous parle.
En fait non, ce n'est pas un chevalier, c'est un moulin à vent.
Un moulin à vent qui se prend pour un chevalier. Au milieu d'une plaine aride, où souffle un vent sec et chaud, et où personne ne passe jamais, ou plus jamais. Est-ce que le moulin est abandonné ?
Ses grandes ailes tournent dans les airs, il brasse de l'air, il rêve d'être un géant et de combattre de féroces vagabonds, mais il ne peut pas rêver non ?
C'est un moulin à vent, et les moulins à vent, c'est des bâtiments, ça ne rêve pas un bâtiment, c'est du mortier, de la pierre quelques poutres d'un bois solide non ?
Ça ne rêve pas...
En fait non, ce n'est pas un moulin à vent, c'est le mistral ou un vent qui y ressemble.
Un souffle d'air, un rêve solitaire, sur un monde qui n'existe pas une idée qui se promène dans les airs, sous un soleil ma foi carrément impitoyable, un peu comme si on pouvait le voir et l'observer.
C'est le vent.
On ne peut pas le voir alors il imagine être visible, courir les plaines désertes et les couvrir de son ombre, lui le vent soudainement devenu fumée, smog noir et étouffant, sous le soleil impitoyable.
Le monde qui n'existait pas n'existe plus, je viens de l'étouffer sous un vent de suie, sous un linceul de brouillard.
En fait non, ce n'est pas le vent, mais des mots que j'ai écrits.
D'abord à la plume puis à l'aide d'un traitement de texte, et que je suis probablement en train de lire, à haute voix, devant un public que j'espère amuser un peu.
C'est des mots que je voulais entendre parler de mort, de cette mort qui arrive à tout le monde, à force, et de ceux qui restent.
Des mots que je voulais entendre dire « On n'enterre pas des idéaux de la même manière qu'on le ferait avec un vieux canasson fatigué, exhalant son dernier souffle au terme d'une vie de labeur. »
Alors... Alors j'ai empoigné la plume et les mots m'ont échappé.
C'est un chevalier, qui balade ses ambitions déçues comme on promène un vieux chien fidèle tremblant et efflanqué, avec ménagement et pitié, et toujours à l'esprit qu'il faudra bientôt l'achever, pauvre bête mourante.
C'est un chevalier...
Enfin c'est peut-être un chevalier, puisqu'il se promène dans un monde vide et désert, qu'il l'aurait ainsi baptisé ? On est nous-même et aussi le regard des autres, je suis qui je suis aussi parce que je vous parle.
En fait non, ce n'est pas un chevalier, c'est un moulin à vent.
Un moulin à vent qui se prend pour un chevalier. Au milieu d'une plaine aride, où souffle un vent sec et chaud, et où personne ne passe jamais, ou plus jamais. Est-ce que le moulin est abandonné ?
Ses grandes ailes tournent dans les airs, il brasse de l'air, il rêve d'être un géant et de combattre de féroces vagabonds, mais il ne peut pas rêver non ?
C'est un moulin à vent, et les moulins à vent, c'est des bâtiments, ça ne rêve pas un bâtiment, c'est du mortier, de la pierre quelques poutres d'un bois solide non ?
Ça ne rêve pas...
En fait non, ce n'est pas un moulin à vent, c'est le mistral ou un vent qui y ressemble.
Un souffle d'air, un rêve solitaire, sur un monde qui n'existe pas une idée qui se promène dans les airs, sous un soleil ma foi carrément impitoyable, un peu comme si on pouvait le voir et l'observer.
C'est le vent.
On ne peut pas le voir alors il imagine être visible, courir les plaines désertes et les couvrir de son ombre, lui le vent soudainement devenu fumée, smog noir et étouffant, sous le soleil impitoyable.
Le monde qui n'existait pas n'existe plus, je viens de l'étouffer sous un vent de suie, sous un linceul de brouillard.
En fait non, ce n'est pas le vent, mais des mots que j'ai écrits.
D'abord à la plume puis à l'aide d'un traitement de texte, et que je suis probablement en train de lire, à haute voix, devant un public que j'espère amuser un peu.
C'est des mots que je voulais entendre parler de mort, de cette mort qui arrive à tout le monde, à force, et de ceux qui restent.
Des mots que je voulais entendre dire « On n'enterre pas des idéaux de la même manière qu'on le ferait avec un vieux canasson fatigué, exhalant son dernier souffle au terme d'une vie de labeur. »
Alors... Alors j'ai empoigné la plume et les mots m'ont échappé.
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Wednesday, December 10, 2014
Panne de motivation ?
Rien pour décembre hélas...
J'avais beaucoup trop de choses à faire, et pas assez de cerveau pour écrire.
J'avais beaucoup trop de choses à faire, et pas assez de cerveau pour écrire.
Friday, November 21, 2014
Des profondeurs de la nuit, surgit un slammeur qui s'ignorait
Et donc, j'ai ouvert ce blog en 2002, pour ne très exactement rien en faire, et je n'ai même pas non plus tenté de le clore parce que bah, ça ne mange pas de pain.
Ce temps là est plus ou moins révolu, désormais je vais profiter de cet espace pour partager mes textes de slam. Car oui, Edomaur, maintenant, il slame.
Ce temps là est plus ou moins révolu, désormais je vais profiter de cet espace pour partager mes textes de slam. Car oui, Edomaur, maintenant, il slame.
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Thursday, November 20, 2014
Ça va chier
Elle le regarde. Un pli amer froisse le coin de sa
ravissante bouche. Il ne remarque rien. Elle inspire, les lèvres
entrouvertes sur des dents un rien carnassières. Le menton en avant,
elle prend la parole, le coupant au milieu d'une idiotie, d'un élan
d'auto-congratulation vénale et de mauvais goût.
Ça va chier
Ça commence sur un château de conte de fée, le soleil à l'aube, les roses qui bourgeonnent, et ça s'achève sur un paysage de dévastation, un temple abandonné, rien n'est simple.
Des nations voisines, sinon où serait l’intérêt ? C'est un morceau de terrain sec comme la lune et verdoyant comme un après-midi sur Mars. Mais c'est leur lopin de désert, et peut-être qu'il cacherait de l'or, allez savoir ! Alors la tension monte, les frontières frémissent, on passe les canons à la cire à chaussures, faut que ça brille.
Ça va chier
C'est la saison du cœur noir, quand tout n'est qu'injustice. Que tout le monde se dispute le jour, s'accuse de la nuit. C'est eux ! C'est de leur faute ! L'ordre de la colère obtuse, des discours vides, des convictions sans esprit, des doigts qui pointent...
La vieille dame vient de frapper le jeune homme d'un coup de canne particulièrement bien ajusté. Il recule d'un pas, sonné, surpris, blessé, vexé. Il ne voulait que rendre service, pour qui le prend-on ? Le respect se perd madame ! Quand il aura le même âge, il respectera les plus jeunes !
Ça va chier
Et à nonante berges, tous ces petits cons, il leur foutrait bien de grand coups de déambulateur, s'il le pouvait, s'ils ne lui montraient pas tant de mépris et de rage.
Ses yeux d'habitude amusés ne rient pas. Il tape machinalement son stylo sur le bois de la table, toc, toc, toc, lentement. Il est encore plus pâle qu'il ne l'est en temps normal. Un dernier soupçon de patience le laisse attendre son tour, la pression monte.
Ça va chier
Des mots très durs, cassants, cruels. Des phrases assassines, pour tuer dans l’œuf toute velléité de réponse. Des noms clairement énoncés, avec la question importante « Est-ce un accident ? Une erreur ? C'est bien nous qu'on accuse gratuitement ? »
La fierté... Un mal élégant, une malédiction brillante, on ferait tout pour ne pas perdre la face, n'est-ce pas ? Un édifice funeste duquel on ne cesse de se jeter, une grève de galets polis par l'arrogance... Il n'y a que nous, tout le reste n'est rien. Il n'y a que nous, là, maintenant, et jamais demain.
Ça va chier...
Grandement...
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Wednesday, October 15, 2014
Un brasier imaginaire
ce soir, pas de texte à chapeau...
C'est une ville isolée,
Quelque part, dans une nuit profonde,
A gauche, à droite, de tous les cotés
Les ténèbres s'étendent,
L'image d'une cité isolée
Quelque part dans les mémoires.
Une vision idéale d'une ville où tout serait meilleur,
Dans ce soir, les feux orangés illuminent les toits
Rome brûle
Une ville abandonnée,
Vidée de ses habitants,
Où sont ils passés ?
Où sont passés les barbares ?
Laissant derrière eux, papiers gras et détritus,
Carcasses de camions et ruines
Ecrasée par le smog et la chaleur Babylone devrait s'embraser
Rome brûle
Ici c'est un char, laissé sans équipage
Ici c'est la lance d'un légionnaire,
La hampe noircie par le feu
Nulle main ne reste pour brandir le fer
On se bat pour des idées,
Ici on ne se bat plus,
C'est Atlantis qui devrait s'embraser,
Rome brûle
Vision allégorique de quartiers
Que deviennent les villes quant elles nous ont déçu ?
Que deviennent les idéaux quand ils ne servent plus ?
Que deviennent ceux qui nous ont déçu quand on leur tourne le dos ?
Rome brûle
C'est une ville isolée,
Quelque part, dans une nuit profonde,
A gauche, à droite, de tous les cotés
Les ténèbres s'étendent,
L'image d'une cité isolée
Quelque part dans les mémoires.
Une vision idéale d'une ville où tout serait meilleur,
Dans ce soir, les feux orangés illuminent les toits
Rome brûle
Une ville abandonnée,
Vidée de ses habitants,
Où sont ils passés ?
Où sont passés les barbares ?
Laissant derrière eux, papiers gras et détritus,
Carcasses de camions et ruines
Ecrasée par le smog et la chaleur Babylone devrait s'embraser
Rome brûle
Ici c'est un char, laissé sans équipage
Ici c'est la lance d'un légionnaire,
La hampe noircie par le feu
Nulle main ne reste pour brandir le fer
On se bat pour des idées,
Ici on ne se bat plus,
C'est Atlantis qui devrait s'embraser,
Rome brûle
Vision allégorique de quartiers
Que deviennent les villes quant elles nous ont déçu ?
Que deviennent les idéaux quand ils ne servent plus ?
Que deviennent ceux qui nous ont déçu quand on leur tourne le dos ?
Rome brûle
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Wednesday, September 24, 2014
Et maintenant, un peu de politique
( Ok, je vais faire court. L'idée là est de développer une
connerie un peu absurde en moins de trois minutes. )
Or donc, l'état, fondement de la raison politique à travers les âges, base solide sur laquelle les turpitudes de l'humanité trouvent à se développer. Les racines du mal, pourrait-on dire, cache l'arbre qui cache la forêt.
Ce que j'imagine...
Ce qui me fascine, c'est la diversité, la variété, et en même temps à quel point il est facile d'identifier simplement les boutures de chaque types d'états.
Une plantation d'état, pour les mauvais jours, c'est un peu une garantie contre la famine de démocratie ou aussi contre la pénurie de république. Bien entendu, quelques politiques parasites profitent du terreau dans lequel nos plants d'état verdoyant se développent, et nécessitent un travail attentif de sarclage et entretien du territoire.
Un état ça s’entretient oui. Ça se nourrit. Ça demande un terreau favorable, riche, de façon à obtenir de belles démocraties vivaces, aux floraisons chatoyantes.
Il y a aussi la question du bouturage. Enfin, disons, ce que j'en sais, le bouturage, ça demande d'avoir les mains vertes. La politique, c'est comme le jardinage, bien faite les plantations prospèrent.
On devrait d'ailleurs imposer le port de la binette, en bandoulière, aux politiciens. Voilà un fier symbole que la caste dirigeante devrait adopter en remplacement de ces cravates misérables et grises dont ils s'affublent de nos jours.
Or donc, l'état, fondement de la raison politique à travers les âges, base solide sur laquelle les turpitudes de l'humanité trouvent à se développer. Les racines du mal, pourrait-on dire, cache l'arbre qui cache la forêt.
Ce que j'imagine...
L'état, variété vivace ou à fruits
Les états, c'est un peu comme les légumes. Il y a les républiques-carottes, les royaumes-patates, les dictatures-orties, ivraie-théocratiques, etc. On a même quelques démocraties directes qui me semblent apparentées aux haricots, voire aux petits pois. Ou aux choux de Bruxelles.Ce qui me fascine, c'est la diversité, la variété, et en même temps à quel point il est facile d'identifier simplement les boutures de chaque types d'états.
Une plantation d'état, pour les mauvais jours, c'est un peu une garantie contre la famine de démocratie ou aussi contre la pénurie de république. Bien entendu, quelques politiques parasites profitent du terreau dans lequel nos plants d'état verdoyant se développent, et nécessitent un travail attentif de sarclage et entretien du territoire.
Un état ça s’entretient oui. Ça se nourrit. Ça demande un terreau favorable, riche, de façon à obtenir de belles démocraties vivaces, aux floraisons chatoyantes.
Il y a aussi la question du bouturage. Enfin, disons, ce que j'en sais, le bouturage, ça demande d'avoir les mains vertes. La politique, c'est comme le jardinage, bien faite les plantations prospèrent.
On devrait d'ailleurs imposer le port de la binette, en bandoulière, aux politiciens. Voilà un fier symbole que la caste dirigeante devrait adopter en remplacement de ces cravates misérables et grises dont ils s'affublent de nos jours.
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Les trois pommes
C'est un verger, toujours différent,
Chaque arbre est le même, et à la fois un autreEt il y a un pommier, tous les pommiers
Tous les pommiers sont cet arbre
Et,
Dans cet arbre, il y a trois pommes
De belles pommes, rondes, joufflues
Des fruits verts, acides, on en fera des tartes
Et les moines l'île aux pommiers, en feront une solide eau de vie
Ainsi la veillée funèbre du pauvre roi Arthur sera tombée dans l'amnésie, hic !
Dans cet arbre il y a trois pommes
Des pommes lourdes, charnues, presque calypiges,
Succulentes et au goût douceâtre
Et le serpent, s'il s'en était gardé une
Peut-être qu'il aurait aussi eu les ennuis que l'on sait (façon concierge vaudoise)
Ces pommes, certainement que le serpent s'en garderait une.
Dans cet arbre, il y a trois pommes
Des petits fruits contrarié, frippés et jaunes,
Des pommes qui pensent trop, qui froncent,
Comme Newton, un après midi d'automne, sous un pommier
Contemplant les nuages, les arbres, les pommes qui tombent,
La logique derrière tout ça, la physique, les corps qui s'attirent.
Une pomme mûre tombe alors, c'est la Terre qui tombe sur la pomme.
Dans cet arbre, il y a trois pommes
Des fruits étranges aux reflets laqués
Des pommes de bois verni, peintes sur un clavecin, des...
Pomme pomme pomme pomme
Ou alors des pommes de cinéma, des...
Pomme pomme etc. (sur la marche impériale)
Pardon, j'ai pas pu résister... ;-)
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Wednesday, August 27, 2014
Les cartons.
Deuxième session de slam, 27 août 2014. Le texte ci-après est la version non-révisée, et pour être franc ça ne tient pas en trois minutes :-)
Ça commence ici :
Ils envahissent le quotidien. Nul ne peut y
échapper, leur présence est multiple et oppressante. Ils servent un
peu à tout, de la protection des aliments les plus variés (pain,
lait, fromages, légumes) au transport de livres, de chaussures, de
pièces mécaniques pour réparer des avions, des camions, des
bataillons de bicyclettes, et on peut même utiliser des cartons pour
déménager des maisons complètes, de leur contenu aux murs,
(quelques exemples de châteaux démontés et exportés existent pour
confirmer ce point.)
Malgré tout, il reste encore quelques recoins où
le carton n'a pas pignon sur rue, recoins sans lesquels l'ubiquité
de ces parallélépipèdes rectangles en pulpe d'arbres morts
déshydratée est loin d'être complète et absolue.
Ce que j'imagine...
Les cartons à soucis, une étude de cas.
... et s’il était possible de se défaire de
ses soucis, en les mettant en boite ? En les bourrant dans de
petits cartons hermétiques, pratiques et faciles à transporter ?
Et si on pouvait mettre nos soucis en berlingots, qu'ensuite on
recyclerait ou qu'on donnerait à ceux qui de soucis n'ont jamais
assez ?
Le matin on se réveillerait comme ça, frais et
dispo, et l'esprit cabriolant dans les prés de nos intellects
revigorés par la nuit fantastiquement reposante qu'on aurait passée.
Fini alors les matins ronchons, où les songes de
la nuit ne sont que prolongement des journées pleines d'emmerdeurs
qui emmerdent le monde, de problèmes qui restent problématiques
même en rêve, d'embrouilles qui brouillent un brouillard. Fini les
songes gris et professionnels, vive le retour à la couleur et à la
3d, vive le retour à la normalité. Normalité des rêves...
Les petits cartons pour les petits soucis, ceux
qu'on peut facilement partager ou garder pour plus tard. Et qui au
fond ne demandent que d'avoir un estomac de fer.
Les grands cartons. Grands mais pas trop grands.
Mettons, pour l'exemple, que ce soit des cartons d'un litre, très
pratiques. Avec un étiquetage adéquat pour éviter qu'on les
confonde avec des cartons de lait ou de jus d'orange. Ils sont bien
pratiques. Juste de la bonne taille pour contenir des soucis
conséquents mais pas trop gros non plus. En fait, certains experts
préconisent de segmenter ses soucis de façon à occuper plusieurs
cartons d'un litre. Le fameux « getting things done » du
management moderne. Toujours réduire la taille des soucis quitte à
en augmenter le nombre. Ceci dit, je ne suis pas catégorique mais il
me semble que plus on a des soucis, plus ils font des petits. Ils se
reproduisent comme des lapins. Comme des lemmings. Les petits soucis,
ça prolifère, il faut y faire attention.
Parfois, on ne peut pas segmenter, le gros souci,
le vrai représentant de la famille des catastrophes, n'entrera
jamais dans des cartons d'un litre, et de plus les couteaux à
dépecer les emmerdements ne sont simplement pas assez solides pour
trancher dans le vif, et par exemple faire entrer dans une énorme
quantité de cartons d'un litre des petits morceaux de tsunami ou de
carambolage autoroutier. Dans ces cas là, il faut passer à la
vitesse supérieure.
Les grands cartons, ceux-ci vraiment grands. Ceux
qu'on emploie pour y déposer les soucis format mondial, les
catastrophes, et les tsunamis de merde. Et quand on parle de grand
cartons on ne plaisante pas mais il faut quand même relativiser un
peu. Il faut se les imaginer comme ceci : à peu près de la
taille d'une télévision, imprimé de couleurs vives aux slogans
enthousiastes (slogans sur lesquels je reviendrai) et pelliculé d'un
fin plastique à la texture soyeuse. Et dans un coin, tout en haut à
droite, il y a une petite excroissance, un peu comme une oreille,
avec un motif pointillé qui en fait le tour, et le symbole de la
paire de ciseaux, identifiant ainsi le bec verseur duquel on pourra
faire s'écouler l'effroyable nectar des soucis en quantité infinie.
Bon, un souci annexe à l'existence des cartons de cette taille est
qu'il est réellement très difficile de contrôler l'écoulement du
contenu par le bec verseur, et que très souvent on finit par en
mettre partout.
Une fois que les soucis sont sécurisés dans
leurs conteneurs hermétiques, il est possible de les entreposer. Par
exemple dans un congélateur, ou un carton à soucis de plus grande
taille. Ce qui peut amener, en cas d'incendie ou d'avion s'écrasant
sur l’entrepôt ou la chambre froide, à la création très
malvenue de soucis d'ordre supérieurs. Hélas, la technologie du
carton à soucis apporte son lot de problèmes, l'un d'entre eux
étant la possibilité non anticipée d'avoir des fuites dans les
réservoirs à soucis, provoquant la recombinaison de ceux ci en
soucis plus complexes. La technologie a ainsi amené les problèmes
de l'industrialisation en créant des méta-soucis, des super-soucis
et des maxi-soucis. Une solution actuellement évaluée serait de
trouver un moyen de recycler les stocks en matières premières, par
exemple en combustibles pour les centrales énergétiques, ou en
sources de polymères pour l'industrie textile. Qui ne rêve pas de
se faire des chaussettes avec les problèmes de la journée ?
Bientôt ce sera une réalité commerciale, certainement.
C'est d'ailleurs ce que disent les slogans et les
exhortations colorées figurant sur les cartons de toute tailles,
« apportez vos soucis à la centrale ( une
centrale un peu comme une de ces laiteries à l'ancienne si vous
voyez ce que je veux dire) et vous recevrez en échange des
chaussettes de ski neuves »,
« récoltez les soucis de votre famille et
partez en voyage en Ukraine »,
« ne jetez pas vos soucis à l'égout, un
litre d'angoisses fournissent l'énergie d'une télévision pour une
semaine »,
« planifiez vos déclarations d'impôts pour
un rendement maximal en matière de soucis »,
« un monde sans soucis est un monde sans
sel »,
« si vous être trop heureux, pensez à la
famine en Erythrée ! »,
« deux heures d'angoisses existentielle
fournissent plus d'énergie qu'une sieste au soleil ! »
...
Hum.
Finalement, peut-être pas...
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Wednesday, July 09, 2014
Lieux publics et personnages
Ma première session de slam, le 9 juillet 2014, avec le texte qui suit. C'est une collection de portraits sur lesquels je travaillais pour le jeu de rôle Itras By, qu'on va bientôt sortir en français avec les complices de 2d Sans Faces...
On les voit, ils sont normaux, comme tout le monde, puis soudain de nulle part, c'est un trait qui surgi, une faille ou un éclat qui apparaît.
Ils sont alors originaux, ils n'ont pas de numéro de série, même si parfois on peut le croire.
Ces traits, d'une habitude on peut en faire une histoire, se poser la question de ce qui pourrait se passer peut-être, un peu plus tard. Un conte, des mots, quelques anecdotes de cafés révisées sous la forme d'une pincée de fictions.
Ce que j'imagine...
Elle racontera des histoires sans queue ni tête et sera complètement incompréhensible -- dans le meilleur des cas. Puis elle rira, franchement, d'un rire de gorge profond. Elle semblera s'être entichée d'un de vos amis, traitant le reste de l'assemblée comme si elle était une grande actrice et eux des complices de longue date. On ne pourra pas vraiment savoir qui elle est (car ce sera incompréhensible) mais il sera possible, à travers son discours, de se faire à l'idée qu'elle serait une descendante de la reine de Saba
Ça commence ici :
C'est des gens qu'on croise dans la rue, des individus, des épreuves uniques.On les voit, ils sont normaux, comme tout le monde, puis soudain de nulle part, c'est un trait qui surgi, une faille ou un éclat qui apparaît.
Ils sont alors originaux, ils n'ont pas de numéro de série, même si parfois on peut le croire.
Ces traits, d'une habitude on peut en faire une histoire, se poser la question de ce qui pourrait se passer peut-être, un peu plus tard. Un conte, des mots, quelques anecdotes de cafés révisées sous la forme d'une pincée de fictions.
Ce que j'imagine...
La peau noire
Un soir, ce sera accoudés à un bar qu'on la rencontrera, une grande femme à la peau noire, au large front dominant de grands yeux moqueurs, un nez aquilin et des lèvres peintes d'un rouge très vif.Elle racontera des histoires sans queue ni tête et sera complètement incompréhensible -- dans le meilleur des cas. Puis elle rira, franchement, d'un rire de gorge profond. Elle semblera s'être entichée d'un de vos amis, traitant le reste de l'assemblée comme si elle était une grande actrice et eux des complices de longue date. On ne pourra pas vraiment savoir qui elle est (car ce sera incompréhensible) mais il sera possible, à travers son discours, de se faire à l'idée qu'elle serait une descendante de la reine de Saba
L'écarteleur
Ce sera un homme de grande taille, élégant, au regard perçant et à la fine barbe grise taillée avec goût. Assis dans une brasserie bruxelloise, il se comportera avec nervosité. À sa gauche, une pile de livres encore neufs à portée de main, et un lourd volume de cuir noir qu'il ne laissera personne consulter, à sa droite, un café, oublié et froid. Il sera arrivé tôt le matin du même jour, un dimanche, après avoir passé tous les soirs de la semaine à lire et corréler les chapitres de livres en livres. Lorsqu'il trouvera un lien, selon des critères qu'on sera en peine de deviner, il s'exclamera « Aha ! » et consciencieusement découpera ou arrachera quelques pages du texte incriminé pour les ajouter quelque part dans le grand volume de cuir noir. « Je reçois trop de livres » dira-t-il dans un français teinté d'allemand, « j'ai décidé de me concentrer sur des thèmes particuliers et ne conserver que les meilleurs passages... » Sa main caressera le lourd volume de cuir « Ici, je réunis les meilleurs morceaux où il y a au moins un chien qui apparaît. C'est le livre des chiens. » Une étincelle brillera dans son regard, puis, embarrassé, il retournera à ses... lectures. La conversation s’arrêtera là.Madame de X
Un salon de thé, un café, de confortables divans et de profonds et accueillants fauteuils. On verra des tables inoccupées, et peut-être qu'une sera placée à coté d'une fenêtre. Un emplacement permettant de garder un œil sur la rue. Au moment de s'en approcher, avec l'intention visible de s'y installer, on sera surpris d'assister à la scène suivante : Une vieille dame, tirée à quatre épingle, visage pincé et chevelure bleutée, surgira de nulle part, et s'empressera de s'installer à l'endroit convoité, avant d'accueillir d'autres vulnérables doyennes aux mises similaires. Sous nos yeux, elles sortiront un plateau de Scrabble et commenceront une nouvelle partie. On peut imaginer que la scène se reproduira, de tea room en cafétéria, différentes aînées nous évinceront des fauteuils placés près des vitres.Friday, July 01, 2011
Wednesday, September 04, 2002
Et hop ! encore un blog parmis de très nombreux...
Je ne sais franchement pas si je ferai quoi que ce soit comme mise à jour, après tout j'ai un emploi du temps bien trop chargé pour le tissu quantique de la réalité (comprendre : encore un peu et l'univers me tombe dessus).
Enfin bon, c'est un test.
D'un point de vue politique, si ça vous amuse, je suis vaguement de gauche, légérement écolo, mais avec une ou deux pincées d'anarchisme de droite et de "realpolitisisme"... Beuuh. En fait, je n'en sais rien.
A demain.
Je ne sais franchement pas si je ferai quoi que ce soit comme mise à jour, après tout j'ai un emploi du temps bien trop chargé pour le tissu quantique de la réalité (comprendre : encore un peu et l'univers me tombe dessus).
Enfin bon, c'est un test.
D'un point de vue politique, si ça vous amuse, je suis vaguement de gauche, légérement écolo, mais avec une ou deux pincées d'anarchisme de droite et de "realpolitisisme"... Beuuh. En fait, je n'en sais rien.
A demain.
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